- Vous pouvez demander à changer de prénom, mais aussi à ajouter ou supprimer un prénom, ou à modifier leur ordre.
- La demande doit reposer sur un intérêt légitime. Le simple fait de préférer un autre prénom ne suffit pas.
- Elle se dépose en personne à la mairie de votre lieu de résidence ou à celle qui détient votre acte de naissance, avec le formulaire officiel et des justificatifs.
- La démarche est gratuite.
- Pour un enfant de plus de 13 ans, son consentement personnel est obligatoire.
Changer de prénom se fait en mairie, sans passer par un juge, sauf en cas de refus. Ce guide vous explique ce que vous pouvez demander, dans quelles conditions, comment constituer votre dossier et ce qu'il faut faire une fois le changement accepté.
Ce que vous pouvez demander
La procédure de changement de prénom permet de demander :
- le changement d'un prénom ;
- l'ajout d'un prénom ;
- la suppression d'un prénom ;
- la modification de l'ordre de vos prénoms.
Selon service-public.fr, la procédure est ouverte aux personnes suivantes :
- les Français nés en France ;
- les Français nés à l'étranger dont la naissance a été déclarée à un consulat français, ou dont l'acte de naissance a été transcrit par le Service central d'état civil ;
- les étrangers nés en France ;
- les personnes qui bénéficient de la protection internationale.
Depuis le 29 juillet 2026, l'article 60 du Code civil réserve expressément la procédure en mairie aux personnes dont l'acte de naissance est détenu par un officier de l'état civil français (voir plus bas « Ce que change la loi du 27 juillet 2026 »).
Un majeur fait la demande pour lui-même. Depuis le 1er juillet 2022, un majeur sous tutelle peut aussi la faire sans être représenté par son tuteur. Pour un enfant mineur, voir plus bas.
Vous voulez seulement utiliser un autre de vos prénoms ? Service-public.fr rappelle que tout prénom inscrit dans votre acte de naissance peut être choisi comme prénom usuel, quel que soit son ordre. Si c'est ce que vous souhaitez, vérifiez d'abord sur service-public.fr si cela suffit dans votre cas, avant d'engager une procédure de changement de prénom.
La condition essentielle : un intérêt légitime
La loi exige que la demande repose sur un intérêt légitime. C'est l'officier de l'état civil de la mairie qui l'apprécie, au cas par cas, en fonction de votre situation et des justificatifs que vous apportez. La demande ne doit pas non plus être contraire à l'intérêt de l'enfant, ni aux droits d'autres personnes à voir protéger leur nom de famille.
Exemples de motifs qui peuvent constituer un intérêt légitime, cités par service-public.fr :
- l'usage prolongé d'un prénom autre que celui inscrit à l'état civil (par exemple, vous êtes appelé depuis l'enfance par un autre prénom, en famille, à l'école, au travail) ;
- la suppression d'un prénom jugé ridicule, ou d'une association nom-prénom jugée ridicule ;
- l'ajout ou la suppression d'un tiret entre deux prénoms, à la suite d'un usage prolongé ;
- la transidentité du demandeur. Dans ce cas, service-public.fr précise que la décision ne doit pas dépendre de l'adéquation entre votre apparence physique et le prénom demandé, et que le prénom choisi peut être neutre (épicène), féminin ou masculin.
Ce ne sont que des exemples : dans tous les cas, c'est à vous de démontrer, pièces à l'appui, que votre demande est justifiée.
Ce qui ne suffit pas. La circulaire du ministère de la Justice du 17 février 2017, qui guide les officiers de l'état civil, indique qu'on ne peut pas demander à changer de prénom pour des motifs de pure convenance personnelle. Elle recense aussi, à partir des décisions rendues auparavant par les juges, des motifs qui n'ont généralement pas été reconnus comme un intérêt légitime :
- le simple souhait personnel, ou un motif seulement affectif (par exemple, parce qu'on n'aime pas son prénom ou qu'on le trouve démodé) ;
- la volonté de prendre le prénom d'un proche décédé ;
- le remplacement d'un prénom par son diminutif, même utilisé au quotidien ;
- le changement de prénom motivé par la seule appartenance à une communauté religieuse ;
- l'ajout de lettres ou de signes qui n'existent pas en français.
Si votre demande repose sur l'un de ces motifs, elle ne remplit pas la condition d'intérêt légitime. En cas de doute sur votre situation, renseignez-vous auprès de votre mairie avant de déposer votre dossier.
Où et comment déposer la demande
Vous déposez votre dossier, au choix :
- à la mairie de votre lieu de résidence ;
- ou, si vous êtes né en France, à la mairie qui détient votre acte de naissance (celle de votre lieu de naissance) ;
- si vous vivez à l'étranger, à l'ambassade ou au consulat de France compétent pour votre lieu de domicile ;
- si vous avez un certificat tenant lieu d'acte de naissance, à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
La demande doit être remise en personne : la circulaire du 17 février 2017 précise que l'officier de l'état civil doit refuser une demande envoyée par courrier, par courriel ou par télécopie, ou remise par une autre personne. Un récépissé de dépôt vous est remis.
Le formulaire
Remplissez le formulaire officiel cerfa n° 16233 (pour un majeur) ou cerfa n° 16234 (pour un enfant mineur). Ils sont téléchargeables gratuitement sur service-public.fr.
Les pièces à fournir (pour un majeur)
Service-public.fr indique les pièces suivantes :
- la copie intégrale originale de votre acte de naissance, datant de moins de 3 mois (ou la copie intégrale du certificat délivré par l'Ofpra) ;
- un justificatif d'identité en cours de validité, dont vous présentez l'original ;
- la copie d'un justificatif de domicile récent. Si vous êtes hébergé, le justificatif de domicile de la personne qui vous héberge et son attestation sur l'honneur ;
- des éléments prouvant l'intérêt légitime de votre demande (des copies suffisent), selon votre situation : documents liés à l'enfance ou à la scolarité (carnet de santé, diplômes…), à la vie professionnelle (contrat de travail, attestations de collègues accompagnées de leur pièce d'identité, courriels professionnels…), à la vie administrative (anciennes pièces d'identité, factures, avis d'imposition…) ou à la vie personnelle (attestations de proches, inscription à une activité de loisirs…). Cette liste est indicative ;
- les copies intégrales originales des actes qui devront être mis à jour, selon votre situation : votre acte de mariage, l'acte de naissance de votre époux ou épouse ou de votre partenaire de Pacs, et l'acte de naissance de chacun de vos enfants ;
- le bulletin n° 3 du casier judiciaire ;
- une copie de votre livret de famille peut aussi être demandée.
Vous pouvez joindre des certificats médicaux décrivant les difficultés que vous cause votre prénom, mais c'est facultatif : service-public.fr précise qu'aucun document médical n'est exigé, quel que soit le motif de votre demande.
Pour obtenir la copie intégrale de votre acte de naissance, consultez notre guide Copie intégrale ou extrait d'acte de naissance et notre guide Demander un acte de naissance par courrier. Si vous devez fournir votre acte de mariage, voyez notre guide Demander un acte de mariage. Si vous êtes né à l'étranger, voyez notre guide Obtenir un acte de naissance quand on est né à l'étranger.
Ce que change la loi du 27 juillet 2026. La loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 a modifié l'article 60 du Code civil et créé un article 60-1.
Déjà applicable : selon Légifrance, la nouvelle rédaction de l'article 60 est en vigueur depuis le 29 juillet 2026. Elle réserve la procédure en mairie aux personnes dont l'acte de naissance est détenu par un officier de l'état civil français. Cette condition ne renvoie à aucun décret. Si vous êtes né à l'étranger et que votre naissance n'a jamais été déclarée à un consulat français ni transcrite par le Service central d'état civil, vous ne pouvez donc pas utiliser cette procédure tant que vous n'avez pas d'acte de naissance français. Si vous êtes Français, notre guide Obtenir un acte de naissance quand on est né à l'étranger vous explique la transcription. Service-public.fr ne détaille pas encore ce point : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre consulat.
En attente d'un décret : l'article 60-1 ajoute deux obligations. Pour un majeur ou un mineur de plus de 13 ans, la demande devra être accompagnée, en plus du bulletin n° 3 du casier judiciaire, d'un document indiquant si le demandeur est inscrit ou non au fichier des auteurs d'infractions terroristes (Fijait) et au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv). Ce document sera communiqué dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État (article 61-3-3). Par ailleurs, une personne qui a un acte de naissance étranger devra justifier, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État, que le prénom demandé est identique à celui de cet acte, sauf autorisation du procureur de la République dans certains cas. Service-public.fr indique que, dans l'attente de ce décret, les informations de sa fiche restent valables.
Vérifiez la fiche de service-public.fr juste avant de déposer votre dossier.
Combien ça coûte ?
La démarche est gratuite.
La démarche de changement de prénom est gratuite, et le formulaire cerfa est disponible gratuitement sur service-public.fr.
Pour vous aider à préparer votre dossier, nous préparons une aide payante : une liste des pièces adaptée à votre situation et des conseils pour présenter votre demande. Vous pouvez la découvrir et nous indiquer si elle vous serait utile.
Découvrir l'aide au dossierLe changement de prénom d'un enfant mineur
Pour un enfant mineur, la demande est faite par son représentant légal, avec le formulaire cerfa n° 16234, signé par le ou les représentants légaux.
- Si les deux parents exercent ensemble l'autorité parentale, la demande doit être faite par les deux parents.
- Si les parents sont séparés et en désaccord, le parent qui veut demander le changement doit saisir le juge aux affaires familiales.
Le consentement de l'enfant. Si l'enfant a plus de 13 ans, le Code civil exige son consentement personnel : le formulaire contient une rubrique à ce sujet, et l'enfant doit le signer. La circulaire du 17 février 2017 recommande que l'enfant de plus de 13 ans soit présent lors du dépôt, avec l'un de ses représentants légaux, pour que l'officier de l'état civil puisse vérifier qu'il a bien compris la demande. Dans tous les cas, quel que soit l'âge de l'enfant, la demande ne doit pas être contraire à son intérêt.
Service-public.fr indique notamment les pièces suivantes :
- la copie intégrale originale de l'acte de naissance de l'enfant, datant de moins de 3 mois ;
- un justificatif d'identité de l'enfant et du ou des représentants légaux (originaux) ;
- si nécessaire, la preuve que vous êtes le représentant légal de l'enfant (par exemple, une décision de justice sur l'autorité parentale) ;
- un justificatif de domicile récent du représentant légal ;
- des éléments prouvant l'intérêt légitime de la demande (enfance, scolarité, vie personnelle…) ;
- le bulletin n° 3 du casier judiciaire, si l'enfant a plus de 13 ans ;
- une copie du livret de famille peut aussi être demandée.
Si l'officier de l'état civil a un doute ou refuse
L'officier de l'état civil ne peut pas refuser seul votre demande. S'il estime qu'elle ne présente pas d'intérêt légitime, notamment si elle est contraire à l'intérêt de l'enfant ou aux droits d'autres personnes sur leur nom de famille, il doit saisir le procureur de la République sans délai, et vous en informer.
Il doit aussi saisir le procureur dans certains cas liés au casier judiciaire du demandeur : certaines condamnations (notamment pour des infractions terroristes ou des infractions sexuelles sur mineur) ou une inscription à certains fichiers judiciaires.
Le procureur de la République examine alors la demande. Il peut l'accepter ou s'y opposer, et sa décision vous est notifiée.
En cas de refus du procureur, un recours est possible devant le juge aux affaires familiales. Service-public.fr précise que l'avocat est obligatoire pour cette démarche. Si vous envisagez un recours, adressez-vous à un professionnel du droit (un avocat), qui vous expliquera la marche à suivre. Pour vous orienter, service-public.fr indique aussi les maisons de justice et du droit parmi les interlocuteurs qui peuvent vous aider.
Après l'acceptation : ce qui change
La mise à jour de vos actes d'état civil
Si votre demande est acceptée, vous recevez une copie de la décision : conservez-la. La décision est inscrite sur le registre de l'état civil, et une mention du changement de prénom est portée en marge de votre acte de naissance, ainsi que, le cas échéant, en marge des actes de votre époux ou épouse, de votre partenaire de Pacs et de vos enfants. C'est pour cela que ces actes sont demandés dans le dossier.
Selon la circulaire du 17 février 2017, c'est l'officier de l'état civil qui transmet les demandes de mise à jour aux services d'état civil qui détiennent ces actes : vous n'avez pas à le faire vous-même. Vous pourrez ensuite demander des copies de vos actes à jour. Pour savoir ce qu'est une mention en marge, consultez notre guide Copie intégrale ou extrait d'acte de naissance.
Le livret de famille
Le livret de famille doit être mis à jour en mairie, par l'officier de l'état civil. Service-public.fr indique qu'en cas de changement de prénom d'une personne dont l'acte figure sur le livret, un second livret peut être demandé à votre mairie, en échange du précédent : présentez-vous avec votre carte d'identité et la décision de changement de prénom. Cette mise à jour est gratuite. Pour en savoir plus, consultez notre guide Livret de famille : obtention, mise à jour et duplicata.
Vos papiers d'identité
Une fois votre acte de naissance mis à jour, vous devez modifier vos titres d'identité (carte d'identité, passeport), dans un délai de 3 mois à partir de la mise à jour de votre acte de naissance. Service-public.fr précise que les anciens titres sont invalidés à l'issue de ce délai de 3 mois, et rappelle que l'usage d'un titre qui ne correspond pas à votre état civil est puni par la loi.
Pour la carte d'identité, service-public.fr indique que le renouvellement est gratuit si vous pouvez présenter l'ancienne carte. Pour savoir si un acte de naissance vous sera demandé, consultez notre guide Faut-il un acte de naissance pour une carte d'identité ou un passeport ? Et si votre carte a été perdue ou volée entre-temps, notre guide Carte d'identité perdue ou volée : que faire ? vous explique la démarche.
Vous voulez aussi changer de nom de famille ? C'est une démarche distincte, avec ses propres règles : consultez notre guide Changer de nom de famille : procédure simplifiée en mairie, nom d'usage et procédure par décret.
Une question sur votre situation ? Pièces à réunir, mairie compétente, enfant mineur, acte de naissance détenu à l'étranger… Vous pouvez décrire votre cas à l'assistant du Guichet.
Poser ma questionSources officielles
- Changement de prénom — service-public.fr (vérifié le 25 août 2026)
- Demande de changement de prénom (cerfa n° 16233) — service-public.fr
- Demande de changement de prénom d'un enfant mineur (cerfa n° 16234) — service-public.fr
- Mise à jour du livret de famille à la suite d'un changement d'état civil — service-public.fr
- Un changement de nom entraîne l'invalidité des titres d'identité — service-public.fr
- Renouvellement de la carte d'identité d'un majeur — service-public.fr
- Code civil, article 60 (version en vigueur depuis le 29 juillet 2026) — legifrance.gouv.fr
- Code civil, articles 60, 60-1 et 61-4 (changement de prénom et mise à jour des actes) — legifrance.gouv.fr
- Loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026, article 7 — legifrance.gouv.fr
- Circulaire du 17 février 2017 relative à la procédure de changement de prénom (annexes 1 et 2) — legifrance.gouv.fr